Les anciennes des écoles de Fanjeaux

Julie Lavergne et sa pédagogie

 

L’œuvre de Julie Lavergne témoigne d’une grande attention pédagogique envers la jeunesse. Mère de sept enfants, elle a puisé dans son vécu les images qui jalonnent son œuvre. Pendant vingt-sept ans, la tâche d’épouse et de mère a occupé toutes ses journées et toutes ses pensées. Elle a soigné l’éducation de ses enfants et, lorsque ceux-ci se sont éloignés du foyer familial, ses contes ont pris forme et sont devenus la preuve vivante de sa délicatesse éducative. Les contes de Julie Lavergne constituent un moyen pédagogique efficace pour éveiller chez les jeunes filles l’amour du devoir, la délicatesse de cœur et le don de soi. Elle a éduqué ses enfants dans cet esprit et a tenu, à travers ses œuvres, à transmettre ces belles qualités propres aux jeunes filles, qui forment le terreau d’une future éducatrice. 

Ses récits n’ont pas seulement une valeur littéraire : ils jouent aussi le rôle d’outils pédagogiques. Par des personnages attachants, des scènes ordinaires et des intrigues simples, Julie Lavergne propose des modèles de comportement adaptés à un jeune public, et en particulier aux jeunes filles. Julie Lavergne valorise souvent les réflexions morales des jeunes personnages, soulignant la nécessité pour eux d’apprendre à distinguer le bien du mal au-delà de la simple obéissance : c’est l’éducation du libre-arbitre. Sa pédagogie est fondée sur l’exemple et la mise en situation plutôt que sur la leçon explicite : elle cherche à éveiller la conscience morale par la réflexion et la présentation de personnages vertueux, ce qui pousse la lectrice à vouloir leur ressembler et les imiter. En effet, par exemple, Julie Lavergne met en scène des dialogues ou les figures d’adultes guident les adolescentes vers une compréhension plus profonde de leurs responsabilités sociales et personnelles. 

Dialogue Henriette de l’Aubespine 

Nous nous cachions pour vous voir sans être vues, Sire, répondit Henriette avec l’aplomb ingénu des enfants.

Et pourquoi ne veniez-vous pas au-devant de moi avec madame votre mère ?

Parce que maman nous l’avait défendu.

– Et savez-vous pourquoi elle l’a défendu ? reprit LouisXV.

– Quand maman donne un ordre, personne ici ne demande pourquoi. Pourquoi ! c’est la question du serpent quand il tenta Ève dans le beau jardin.

– Quelle théologienne ! Vous me paraissez si raisonnable, Mademoiselle, que je veux m’instruire en causant avec vous. Venez me montrer les fleurs de votre papa.

T. Madi

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